Développement durable

La notion de développement durable a été formalisée en 1987 à Genève lors des travaux de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement. Ce concept recouvre de multiples sens (voir 41 définitions du développement durable). Le sens que nous lui donnons est celui d’un modèle de développement qui permette de satisfaire les besoins des générations actuelles sans entraver la possibilité des générations futures à satisfaire les leurs (cette définition est celle de la Commission Brundtland, 1987, Genève).

Le développement durable se veut un processus de développement qui concilie l'écologique, l'économique et le social et instaure un cercle vertueux entre ces trois pôles (voir Logo). C'est un développement, respectueux des ressources naturelles et des écosystèmes, qui garantit l'efficacité économique sans perdre de vue les finalités sociales (la lutte contre la pauvreté, contre les inégalités, contre l'exclusion et la recherche de l'équité).

Le développement durable n’est pas un état de fait, c’est une perspective et un projet en devenir (un processus). Cette notion se présente donc comme la recherche d’un équilibre entre les impératifs de l’économie, du social et de l’environnement.

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Environnement

L'environnement peut être défini comme ensemble des éléments qui forment dans la complexité de leurs relations, les cadres, les milieux et les conditions de vie de l'homme et de la société, c'est donc tout ce qui est autour de l'homme et en relation avec lui (Robert Delort, professeur émérite des universités de Paris et Genève, 2002).

Cette définition nous permet de faire ressortir 4 types d'enjeux : biologique, culturel, technologique et socioéconomique.

  1. L'enjeu biologique : dans ce domaine les premiers efforts ont été effectue dans le but de permettre un meilleur usage des ressources naturelles (lutte contre la surexploitation agricole, essais de repeuplements ou palliatifs mis en œuvre pour empêcher la disparition d'espèces, saumons par exemple).

    La conquête spatiale a fini de nous convaincre que la Terre est une planète aux dimensions finies, et aux ressources limitées. C'est à la suite de cela que les hommes de science se mobilisent pour la défense et l'illustration de l'Environnement et ils entraînent enfin derrière eux l'opinion, les hommes politiques, les institutions, partout dans le monde, enfin « sensibilisé » par trop de drames technologiques : Bhopal, Tchernobyl, Marées Noires, Exxon Valdez, Amocco Cadiz …


  2. L'enjeu culturel : l’homme a toujours été contraint de s’adapter à son environnement naturel tout en intervenant sur celui-ci. Cette adaptation s’est accompagnée d’un changement de sa culture.
    Cette adaptabilité de l’espèce humaine, sa valence écologique , est confirmée par l’étude des genres de vie des populations actuelles, mais aussi par les apports paléontologiques.
  3. L'enjeu technologique : à la fin du XXe siècle, sous l’influence de divers facteurs (découverte de la pénicilline, progrès de la médecine, baisse du taux de mortalité infantile, allongement de la durée de vie, etc.) la population mondiale s’est sensiblement accrue. En 2000, la planète était peuplée de 6 milliards d’êtres humains.

    On souligne souvent le décalage des conditions de vie et des niveaux de vie qui semble s’accentuer entre les pays économiquement forts, qui bénéficient d’une technologie très avancée, et les pays à économie fragile, voire précaire, qui sont technologiquement les plus en retard (c’est la fameuse distinction Nord/Sud).
  4. L'enjeu socioéconomique : l’homme a toujours été contraint de s’adapter à son environnement naturel tout en intervenant sur celui-ci. Cette adaptation s’est accompagnée d’un changement de sa culture.
    Cette adaptabilité de l’espèce humaine, sa valence écologique , est confirmée par l’étude des genres de vie des populations actuelles, mais aussi par les apports paléontologiques.
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Économie

L’économie peut être définie comme l’étude des choix rendus nécessaires par la rareté des ressources. Elle est donc la science qui réfléchit à propos de la manière dont les hommes s’organisent dans leurs activités afin de produire les biens et les services qui vont leur permettre de satisfaire au mieux leurs besoins.

On constate que l'activité humaine présente un caractère économique dès lors qu'il y a lutte contre la rareté. Le problème économique peut être résumé en ces termes : comment arriver à satisfaire des besoins illimités avec des ressources limitées ? La solution est de trouver la combinaison de biens qui apportent une satisfaction maximale. C’est donc un problème de choix qui se pose à l’Homme. L’analyse économique est souvent perçue comme Le Moyen de prendre les meilleures décisions. En réalité, dans une optique de développement durable la prise de décision ne peut pas se satisfaire de la seule analyse économique.

Les conséquences de politique économiques ne peuvent être abordées qu’à travers une approche transdisciplinaire. D’autant plus que ces conséquences peuvent s’avérer très lourdes : accroissement de la pauvreté, catastrophe écologique, génocide, guerre, etc.

Le principe de précaution sociale (ETHIQUE ECONOMIQUE, Jérôme Ballet et François Régis Mahieu, 2002) implique la responsabilité, donc des sanctions et des incitations. Finalement, la prise en compte de ce principe de précaution sociale constituerait une réhabilitation de l’éthique et de la responsabilité.

Au niveau de l’enseignement universitaire, cela devrait se traduire par l’intégration dans le curriculum d’une perspective systémique c’est-à-dire une approche incluant d’autres points de vue que celui qui se fait traditionnellement et qui devraient permettre de comprendre la globalité de l’objet étudié. Par exemple un cours d’économie sur les fusions - acquisitions pourra être abordé sur 3 angles d’attaque :

  • Economique (Pourquoi une fusion - acquisition ? De quelle manière cela s’effectue? Quel bénéfice financier l’entreprise en tire-t-elle ?) ;

  • Social ( conséquence sur les salariés des entreprises qui fusionnent en terme de chômage, de mobilité, de flexibilité) ;
  • Ecologique ( gain d’efficacité mais à quel prix en terme d’exploitation des ressources naturelles.
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Social

Il semble que la dimension sociale du développement durable soit moins bien connue que sa dimension environnementale. Pourtant, la persistance de la pauvreté et de l’exclusion sociale en période de croissance et l’accroissement généralisé des inégalités et de la vulnérabilité lui donne tout son intérêt. La dimension sociale dans la définition du développement durable englobe plusieurs orientations : lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, défense des minorités, commerce équitable, finances solidaires, etc.

La difficulté de définir la notion de durabilité sociale provient du fait qu’il faut, pour être pertinent, analyser les interdépendances entre les champs de l’économie, de l’environnement et du social lui-même.

Dans les pays développés, en dépit de la protection sociale, la pauvreté reparaît sous des formes nouvelles et l’exclusion sociale tend même à s’aggraver. Dans les pays en développement, les politiques de restructuration, comme de croissance, engendrent des répercussions sociales qui peuvent être graves, voire irréversibles.
L'accroissement des inégalités, quelle qu’en soit l’origine - croissance économique, réduction ciblée de la pauvreté ou protection de l’environnement – peut occasionner de sérieux déséquilibres sociaux.

Notre souci est faire en sorte que l’université puisse former des étudiants qui soient sensibilisés aux trois critères de durabilité dans le champs social : l’accessibilité de tous à l’ensemble des biens et services, le renforcement des capacités (Amartya Sen, 1987) de toutes sortes et l’équité face à l’ensemble des potentialités disponibles et transmissibles.

Sur cette base, l’université accroîtra ses efforts de formation afin que l’ensemble des acquis sociaux soit transmis d’une génération à l’autre.

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Interdisciplinarité

Notre connaissance du monde s’est fractionnée en divers domaines de plus en plus nombreux et de plus en plus exigus. Ceci à la suite de la spécialisation qui découle de la croissance de nos connaissances et de la polyvalence des moyens de recherche.

Selon Edgar Morin cette spécialisation a permis de stimuler la fécondité de la science. En effet selon lui, la spécialisation a permis, d’une part, de délimiter les champs d’étude avec pour conséquence la précision des connaissances et d’autre part d’affiner l’objet d’étude de la recherche scientifique. Cependant, il concède qu’aujourd’hui la spécialisation des disciplines peut conduire à des dérives préjudiciables voire pernicieuses. Le danger peut survenir lorsque «l'objet de la discipline [est] alors perçu comme une chose en soi» (Edgar Morin, 1999).

Il préconise un enseignement interdisciplinaire. Cela dans le dessein de travailler ensemble (par delà les disciplines) pour reconstruire une réalité morcelée artificiellement par le cloisonnement des disciplines et viser l’acquisition de compétences transversales . En effet des problèmes comme ceux que pose la notion de développement durable ont des causalités multiples et nécessitent donc le recours à l’interdisciplinarité pour tenter de les comprendre d’abord et de les résoudre ensuite ( Dogan , 1998).

Dans ce cas, l’interdisciplinarité devient un moyen de protester contre un "savoir en miette" incapable d’appréhender la complexité du monde qui nous entoure.

Cela pose évidemment des problèmes institutionnels et de mise en œuvre pratique de l’interdisciplinarité par les universités. En effet, pour un enseignement supérieur véritablement interdisciplinaire il ne suffira pas de juxtaposer les points de vues disciplinaires mais de construire leur articulation et leur confrontation (Dominique Vinck, 2003).

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Éthique

L'éthique est issue étymologiquement du grec « ethos » signifiant manière d'être. C'est une réflexion sur l'Homme et sur les interactions de celui-ci avec la nature, avec les autres Hommes, sur la liberté, sur la responsabilité et sur la justice.

Il convient de souligner que l’éthique est une démarche contextuelle, et en tant que telle, elle ne saurait être généralisée ou universalisée. C’est une réflexion sur ce qui est moralement bon ou pas, juste ou injuste.

La fin du XXéme siècle a été marqué par un regain d’intérêt pour l’éthique. En effet, face à un certain nombre de dangers (santé, alimentation, environnement, etc.) dont on les met en garde, les Hommes s’interrogent sur ce qu’il convient de faire ou pas. La clarification des valeurs éthiques est le moyen par excellence de rendre chacun pleinement responsable de ses actes (Savoir pour Agir – Agir pour changer). En effet, une fois qu’on a clarifié ses valeurs, on ne peut plus s’abriter derrière le « voile de l’ignorance » pour ne plus avoir à répondre de ses actes.

Comme le suggère Joël de Rosnay (le Macroscope, 1975) à travers son enseignement sur la théorie de la complexité :

  • s'élever pour mieux voir ;

  • relier pour mieux comprendre ;

  • situer pour mieux agir ;

 

Responsabilité

«Quoi que tu fasses est dérisoire, mais il est essentiel que tu le fasses » Gandhi

C'est le philosophe allemand Hans Jonas (1903 – 1993) qui a développé la notion de Principe de Responsabilité. Hans Jonas définit la responsabilité par cette phrase rédigée sous forme de profession de foi: « Agis de façon que les effets de tes actions soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre et de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie. Si tel n'est pas le cas, il convient alors de renoncer à l'action projetée. » Selon la vision de Hans Jonas le principe de la responsabilité implique le "remord anticipateur" plus connu sous le nom de Principe de Précaution.

Le principe de responsabilité contribue donc à la prise de conscience de la dimension éthique des actions de l'individu (en tant que citoyen) et de sa responsabilité sociale. Celui-ci est ainsi enjoint à anticiper les effets de ses actes dans un contexte social, économique et environnemental. Il s’agit pour lui de prévenir, autant que faire se peut, les conséquences que peuvent avoir les actions qu’il entreprend.

Le développement durable n'est possible que si tout un chacun prend conscience des enjeux, se les approprie, s'interroge sur le sens de ses actes et appréhende ses responsabilités. Ce principe de responsabilité débouche sur celui de précaution et trouve des applications comme par exemple la mise en place du système « pollueur payeur ». La responsabilisation est le processus par lequel les personnes (ou les institutions) sont amenées à répondre de leurs actions et des conséquences qui en découlent.


La notion de responsabilité introduit un intéressant changement de perspective. En effet, ce n'est plus le dommage constaté qui doit être réparé mais le risque de son occurrence qui doit être prévenu . Il faut néanmoins préciser que le principe de responsabilité n'a pas pour dessein de contrarier le progrès ; son but serait plutôt d'en conserver la possibilité pour les générations qui nous succéderont.

La responsabilité dans son sens actuel n’est pas un obstacle mais plutôt une opportunité pour le progrès futur de la science.


Enseignement

Aucune discipline ne peut, à elle seule, embrasser la complexité et la globalité des enjeux soulevés par la notion de développement durable. Par conséquent, un enseignement supérieur soucieux de cette problématique doit être en mesure de proposer une mise en perspective systémique des questions que celle-ci pose. De cette façon, l’enseignement universitaire sera en mesure former des étudiants à même de s’Informer, Comprendre, se Responsabiliser et Agir.

S’Informer dans le but de prendre conscience des interactions qui existent entre les Hommes et entre l’Homme et son environnement, d’être sensibiliser aux enjeux du développement durable et des problèmes globaux qui se posent à l’humanité.
Comprendre les concepts qui guident la notion de développement durable et les liens étroits entre l’environnement, l’économie et le social.

Se Responsabiliser car chaque action entreprise (actuelle ou future, privée ou professionnelle) a des conséquences économiques, sociales et environnementales que chacun se doit d’assumer. Cela permet de clarifier ses propres valeurs, ce qui ne manque pas de poser la question de l’éthique et de la responsabilité au sein de l’enseignement universitaire.

Agir, parce que le but de cet enseignement est, avant tout, de préparer à l’action. Son ambition étant de former des personnes qui s’attacheront à agir en accord avec les connaissances, les compétences et les valeurs que leur aura fournies cet enseignement interdisciplinaire que GEduc appelle de ses vœux.
Le but ultime de GEduc étant que l’enseignement supérieur forme, dans la mesure du possible, des personnes informées, responsables et décidées à agir pour un avenir durable.

Université

« L'éducation, sous toutes ses formes et à tous les niveaux, n'est pas seulement une fin en soi, mais aussi l'un des plus puissants outils à notre disposition pour effectuer les changements nécessaires permettant de réaliser le développement durable », <Koïchiro Matsuura (Directeur Général de l'UNESCO).

Cette tache n'est pas aisée. GEduc estime que l'université doit jouer un rôle prépondérant pour la réalisation des changements nécessaires pour réaliser le développement durable. L'université est en effet le principal lieu où sont formés les futurs leaders susceptibles de conduire ces changements.

Il faut cependant souligner que la tradition universitaire fondée sur le cloisonnement des disciplines ne facilite pas cet apprentissage qui passe principalement par un enseignement véritablement interdisciplinaire. Il faut donc une nouvelle vision de l'éducation capable de permettre aux étudiants d'appréhender la complexité et la globalité des problèmes auxquels nous sommes actuellement confrontés.

« Cette nouvelle vision de l'éducation met l'accent sur une approche globale et interdisciplinaire, afin de développer les savoirs et les compétences requis pour un avenir durable, ainsi que les changements de valeurs, de comportement et de modes de vie » selon Koïchiro Matsuura (Directeur Général de l'UNESCO).

Par conséquent, il nous semble que c’est par ce moyen que les étudiants pourront être initiés à la « pensée complexe ». En effet, cette approche permet d’entrevoir les liens d’interdépendance existant entre les problèmes traités par chaque discipline.





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